Projet habitat bioclimatique Le GERES, ONG fondée en 1976, conduit depuis plus de dix ans des projets de solidarité climatique au Maroc, en Afghanistan, dans l'Himalaya Indien et au Cambodge.
Ces projets permettent d'éviter chaque année l'équivalent de 146.000 tonnes de CO2 tout en améliorant les conditions de vie des populations. Avec son label “CO2 solidaire”, le GERES exprime cette double démarche, qui associe à la lutte contre le changement climatique le développement social et écologique - dans une “solidarité climatique”.
avec la construction et la promotion de la construction bioclimatique (“solaire passif”)
L’Afghanistan est un pays pauvre, dévasté par des décennies de guerre et de guerre civile. A première vue, il paraît surprenant d’y introduire la notion de “construction écologique”, plus développée dans les pays riches.
Et pourtant, la construction bioclimatique n’est pas un luxe en Afghanistan, mais un besoin vital.
Pour en mieux comprendre les raisons, voici quelques données :
Voilà les raisons, pour lesquelles le GERES mène depuis 2005 une vaste action en faveur de la construction et de la rénovation bioclimatique en Afghanistan. Son programme cible autant l’habitat individuel que des bâtiments publics (écoles, hôpitaux, centres de santé, centres de formation).
Son objectif : améliorer les conditions de vie des habitants tout en réduisant la pression sur l'environnement.
Son programme est localisé dans la province de Bamyan, en milieu rural montagnard, et dans la capitale Kaboul. Bamyan est une région montagneuse du centre de l'Afghanistan avec 387 000 habitants.

Voir le documentaire de 10 minutes
réalisé pour le GERES
Serres solaires Ce programme a deux volets bien distincts : l’habitat individuel et les bâtiments publics (écoles, hôpitaux etc.)
Concernant l’habitat individuel, la promotion des serres solaires est au cœur du programme du GERES. Elle est logiquement associée à une amélioration de l’isolation des maisons. Une serre solaire, c’est une véranda transparente adossée à la maison. Elle est toujours orientée vers le sud et capte ainsi une partie du rayonnement solaire, qu’elle emmagasine dans le mur de la maison. Elle agrandit l’espace de vie pendant les 6 mois d’hiver et diminue de 2/3 les besoins en bois de chauffage. Concrètement, elle permet passer de de 0°C à +10°C à l'intérieur des maisons avec une température extérieure de -30 C°. L’espace gagné, une zone tampon entre l’intérieur de la maison et l’extérieur, peut servir à exercer un artisanat (fabrication de tapis) ou encore à la culture de légumes ou de fleurs.
Le GERES a conçu avec des artisans locaux (maçons, charpentiers) un modèle de serre simple à fabriquer, avec des matériaux abordables et disponibles sur le marché local. Seuls les films transparents sont importés. Le coût moyen d’une telle véranda : moins de 300 €.
Pas étonnant que les premières expériences aient réussi au delà même des objectifs.
Le GERES a créé un premier centre de formation pour y former d’autres artisans. L’objectif est d’aider au développement de micro-entreprises de construction et de maintenance des serres solaires. Le transfert de savoir et de savoir-faire aux acteurs locaux est la condition essentielle pour rendre ce projet durable.
L’objectif sur 3 ans : la création et la formation de 80 micro-entreprises, l’installation de 700 serres solaires et presque 5.000 personnes qui bénéficient d’une serre solaire passive.
Les mêmes recettes sont aussi appliquées à des écoles, hôpitaux et autres bâtiments publics. L’urgence est la même que pour l’habitat individuel. Eviter que les écoles (non chauffées) ferment pendant les 6 mois d’hiver, garantir aux patients des hôpitaux (peu chauffés) des températures de chambres de 10°C (et non plus de 0°C comme c’est encore trop souvent le cas). Tout cela nous semble banal, mais sous des conditions de pauvreté et d’un climat rude c’est évidemment vital.
Une amélioration de l’isolation et l’utilisation des connaissances de l’architecture “solaire passif” ont permis d’atteindre des résultats spectaculaires.
Au total 250 bâtiments publics, dont 140 cliniques et centres médicaux, avec une surface de 165.000 m2, ont été améliorés par une isolation et / ou par des serres solaires.
Le succès des premières opérations a suscité une forte demande en expertise technique de la part de nombreuses administrations. Résultat : 400 personnes issues de l’administration, de l’enseignement ou des entreprises ont été formées dans des cycles courts.
2 bâtiments de démonstration ont été construits, à Kaboul et à Kunduz.
Les perspectives Le GERES est engagé depuis 2008 dans une deuxième tranche de 3 ans de ce projet. Il veut changer d’échelle, populariser ces techniques au delà de sa propre zone d’influence locale.
Pour y parvenir, il prévoit la création d’un label qualité, permettant de certifier des bâtiments économes en énergie, mais aussi la sélection d’entreprises techniquement à niveau pour leur mise en œuvre.
La création de cours spécifiques, et leur mise en place à l’université et dans les centres de formation technique doivent permettre de développer une expertise locale, qui est sans aucun doute être la clé pour assurer le développement et l’autonomie de ce programme.